Cifas · Joëlle Zask - " Espace public, participation et art "

Enregistrement de la conférence de la philosophe Joëlle Zask à La Bellone (Bruxelles) le 10 mars 2025, organisée par le Cifas.

Dans le cadre du laboratoire Que peut la Nuit porté par le Collectif Impatience, Joëlle Zask est en conversation avec Giulietta Laki et Rafaella Houlstan-Hasaerts du collectif de recherche-action Espèces Urbaines. Ensemble elles se promènent à travers ses différents écrits, en prenant comme point de départ la réédition de Outdoor Art. La sculpture et ses lieux (2013) sous le titre de L'Art au grand air (2025) aux Éditions Premier Parallèle, occasion d'explorer les relations entre espace public, participation et pratiques artistiques.

Pendant cette conversation, la philosophe nous raconte son amour pour les oeuvres sculpturales de l'espace public, tout en élaborant une critique de la conception « en chambre » de la démocratie et de l'art. Elle revient aussi sur les différences entre « espace public » et « lieu public » en tissant des liens avec les écrits du philosophe pragmatiste John Dewey. C'est aussi l'occasion pour elle d'expliquer sa vision de la participation en démocratie et comment celle-ci peut s'appliquer à l'art.

Joëlle Zask est une penseuse incontournable de l’espace public. Elle est spécialiste de philosophie politique et du pragmatisme, maître de conférence à l'Université d'Aix-Marseille et membre de l’Institut universitaire de France. Elle a consacré sa thèse au philosophe John Dewey. Elle traduit ses ouvrages les plus importants rendant accessibles ses travaux en francophonie.

Elle est une des penseuses de la démocratie participative, concevant la participation comme la conjugaison entre prendre part, apporter une part et recevoir une part. Elle aborde la démocratie dans les termes d’une culture politique et pas seulement d’un type de gouvernement. La notion d’autogouvernement, individuel ou commun, est au centre de sa réflexion. En 2011, elle publie Participer. Essai sur les formes démocratiques de la participation. Elle pense aussi les enjeux politiques des pratiques artistiques contemporaines et notamment des pratiques artistiques dans l’espace public avec son ouvrage Art et démocratie : Les peuples de l'art (2003). Récemment elle s’est penchée sur des questions liées à la crise écologique notamment dans son essai Quand la forêt brûle. Penser la nouvelle catastrophe écologique (2019) analysant la responsabilité humaine dans les mégafeux et dans Écologie et démocratie (2022) qui associe étroitement ces deux concepts.